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Formation en ligne : accessibilité, impact professionnel et économique, ce que révèle l’étude Asterès pour EdTech France

Quel impact la formation en ligne produit-elle réellement sur les parcours professionnels, l’emploi et l’économie ? Une étude publiée en août 2026 par le cabinet Asterès, à la demande d’EdTech France, apporte de nouveaux éléments de réponse.

Réalisée auprès de 5 559 apprenants ayant suivi des formations en ligne certifiantes ou diplômantes, elle analyse les raisons qui conduisent à choisir le distanciel, les évolutions professionnelles observées après la formation et tente d’en estimer les effets économiques.

EdTech France en reprend les principaux résultats dans le premier numéro de son Cahier de la souveraineté éducative.

Pour les professionnels de la formation digitale, plusieurs enseignements méritent particulièrement l’attention.

69 % des apprenants n’auraient pas suivi la formation en présentiel

Premier résultat marquant : 69 % des personnes interrogées déclarent qu’elles n’auraient pas suivi leur formation si celle-ci avait uniquement été proposée en présentiel.

Cette proportion atteint :

  • 80 % chez les chefs d’entreprise ;
  • 77 % chez les salariés et indépendants ;
  • 65 % chez les demandeurs d’emploi ;
  • 48 % chez les étudiants.

L’étude met ainsi en évidence une fonction essentielle de la formation à distance : ouvrir l’accès à la formation à des personnes pour lesquelles les contraintes professionnelles, personnelles ou géographiques rendent le présentiel difficilement compatible avec leur quotidien.

Les motivations déclarées vont dans ce sens. La compatibilité avec la vie personnelle arrive en tête des raisons de choisir une formation en ligne (42 %), devant la compatibilité avec la vie professionnelle (37 %) et la contrainte géographique (18 %).

Le distanciel apparaît donc moins comme un simple choix de confort que comme une condition d’accès à la formation pour une partie des publics.

Formation en ligne ne signifie pas formation sans accompagnement

Un autre résultat mérite d’être souligné. Dans l’échantillon étudié, 66 % des apprenants suivent une formation en ligne comprenant des interactions directes : classes virtuelles, tutorat, mentorat, webinaires ou autres échanges synchrones. À cela s’ajoutent 7 % de parcours hybrides.

Seuls 28 % déclarent suivre principalement leur formation en ligne sans interaction directe. Ce résultat rappelle un point essentiel : parler de « formation en ligne » recouvre des réalités pédagogiques très différentes.

La modalité technique ne suffit pas à déterminer la qualité d’un dispositif. L’accompagnement, le feedback, les interactions, la scénarisation pédagogique et la capacité à maintenir l’engagement restent déterminants.

La revue de littérature réalisée par Asterès va d’ailleurs dans ce sens : certaines recherches identifient des résultats moins favorables lorsque la formation en ligne manque d’interactions, tandis que les dispositifs intégrant échanges directs, feedback et personnalisation peuvent améliorer l’engagement et les performances.

Le véritable sujet n’est donc pas seulement présentiel versus distanciel, mais la qualité de l’expérience d’apprentissage proposée.

74 % des répondants ont connu une évolution professionnelle

L’étude s’intéresse également à ce qui se passe après la formation.

74 % des répondants déclarent avoir connu une évolution professionnelle à court terme.

Les changements les plus fréquemment observés sont :

  • un changement de statut : 22 % ;
  • un changement de métier : 22 % ;
  • un changement d’employeur : 17 % ;
  • un changement de secteur : 16 % ;
  • un changement de poste chez le même employeur : 9 %.

À l’inverse, 26 % des répondants n’ont connu aucun de ces changements.

L’étude observe également une évolution de la situation des répondants entre le début de la formation et le moment de l’enquête : la part des demandeurs d’emploi diminue tandis que celles des salariés, indépendants et chefs d’entreprise progressent.

Attention toutefois à la causalité : une évolution professionnelle peut résulter de plusieurs facteurs.

Pour en tenir compte, Asterès a demandé aux répondants d’estimer eux-mêmes la part de leur évolution qu’ils attribuaient à la formation suivie. En moyenne, ils attribuent 74 % des bénéfices de cette évolution à leur formation.

+5,6 % de rémunération : un impact estimé par Asterès

À partir des trajectoires déclarées et de la part attribuée par les répondants à la formation, Asterès estime une hausse moyenne de rémunération de 5,6 % attribuable à la formation.

Cette moyenne recouvre des situations très différentes selon les profils :

  • +3,2 % pour les demandeurs d’emploi ;
  • +2,8 % pour les salariés et indépendants ;
  • près de +20 % pour les étudiants, notamment en raison de leur entrée sur le marché du travail.

Sans correction de la part attribuée à la formation par les répondants, la progression moyenne observée dans l’échantillon aurait été de 7,6 %.

Il s’agit donc bien d’une estimation économique à partir des trajectoires déclarées, et non de la mesure expérimentale d’un effet causal.

Un gain de productivité estimé à 6 %

Asterès cherche également à mesurer l’impact sur le travail.

Pour les salariés, indépendants et chefs d’entreprise dont le statut est resté stable, le cabinet estime une hausse moyenne de productivité attribuable à la formation de 6 %.

Cette estimation repose notamment sur l’évolution des rémunérations et du chiffre d’affaires.

Les répondants déclarent par ailleurs que leur formation leur permet principalement :

  • de se sentir plus à l’aise dans leur poste ;
  • de réaliser de nouvelles tâches qu’ils ne maîtrisaient pas auparavant ;
  • d’améliorer la qualité de tâches déjà réalisées ;
  • et, dans une moindre mesure, de les effectuer plus rapidement.

Pour les acteurs de la formation, ce résultat renvoie à un enjeu de plus en plus présent : ne plus mesurer uniquement la réalisation d’une formation, mais ce qu’elle permet effectivement de faire différemment en situation de travail.

2 400 € d’indemnités chômage évitées par apprenant : que mesure réellement ce chiffre ?

L’étude tente ensuite de traduire certaines trajectoires professionnelles en impacts pour les finances publiques. Asterès estime à 2 400 € par apprenant le montant moyen d’indemnités chômage évitées ou réduites grâce aux évolutions associées à la formation. Cet effet n’est toutefois pas réparti uniformément.

Environ 30 % des répondants sont concernés par une période de chômage évitée ou raccourcie. Pour ces seuls bénéficiaires, l’économie moyenne estimée atteint environ 8 050 €. Cette précision est importante pour interpréter correctement le chiffre global de 2 400 €.

Quel impact à l’échelle de la formation en ligne en France ?

Asterès va plus loin en proposant une première extrapolation macroéconomique. Le cabinet retient une hypothèse minimale de 50 000 apprenants certifiés en ligne chaque année et applique les effets observés dans l’enquête, après correction de la part des personnes qui auraient de toute façon suivi une formation en présentiel.

Sur cette base, Asterès estime 120 millions d’euros de production supplémentaire par an et une amélioration de 130 millions d’euros des recettes publiques.

EdTech France synthétise ces deux effets dans son cahier en évoquant 250 millions d’euros de valeur créée.

L’étude complète apporte cependant une nuance importante : cette extrapolation constitue un exercice théorique et exploratoire. Asterès indique que des données supplémentaires seraient nécessaires pour obtenir un chiffrage macroéconomique plus robuste.

C’est donc davantage un ordre de grandeur qu’une mesure définitive de la contribution économique de la formation en ligne.

Trois recommandations formulées par EdTech France

À partir des résultats de l’étude Asterès, EdTech France utilise son Cahier de la souveraineté éducative pour porter trois propositions dans le débat public à l’approche de 2027.

L’association recommande :

1. Un accès équitable de la formation en ligne aux financements et marchés publics, sans différenciation fondée uniquement sur la modalité pédagogique.

2. Une appréciation accrue de la qualité à partir des résultats obtenus, notamment la certification, le diplôme ou l’insertion professionnelle.

3. Une mobilisation des EdTech pour accompagner les besoins massifs de formation liés aux transitions numérique et écologique.

EdTech France défend également une plus grande place accordée aux solutions technologiques françaises dans la commande publique. Ces propositions relèvent du positionnement d’EdTech France. Elles sont à distinguer des résultats économiques produits de manière indépendante par Asterès.

Une étude à lire avec sa méthodologie

Les résultats doivent enfin être replacés dans le périmètre de l’enquête. Les 5 559 répondants sont des apprenants d’entreprises adhérentes à EdTech France ayant suivi des formations en ligne certifiantes ou diplômantes. L’échantillon diffère sensiblement de la population française : il est notamment plus féminin, plus jeune et plus diplômé. 73 % des répondants sont des femmes et 49 % possèdent un diplôme supérieur à Bac+2.

Les effets économiques reposent par ailleurs en partie sur des données déclaratives et sur l’appréciation par les apprenants eux-mêmes de la contribution de leur formation à leur évolution professionnelle. Ces limites n’annulent pas les enseignements de l’étude, mais elles sont indispensables pour interpréter correctement les résultats et éviter de les généraliser à l’ensemble des formations ou des publics.

Pour aller plus loin

Deux documents permettent d’approfondir les résultats :

Le Cahier de la souveraineté éducative #1 d’EdTech France : Une synthèse des principaux résultats accompagnée de l’analyse et des recommandations portées par l’association.

L’étude économique complète d’Asterès : 29 pages consacrées à la méthodologie, aux profils des répondants, aux trajectoires professionnelles et à la modélisation des impacts économiques de la formation en ligne.

Sources : EdTech France, Cahier de la souveraineté éducative #1, août 2026 ; Asterès, « La formation en ligne : des bénéfices pour les apprenants, l’économie et les pouvoirs publics », août 2026.

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