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Perspectives OCDE sur les compétences 2025 : inégalités, formation tout au long de la vie et marché du travail

Comment développer les compétences du XXIᵉ siècle tout en réduisant les inégalités d’accès à la formation ?
C’est à cette question centrale que répond l’édition 2025 des Perspectives sur les compétences publiée par l’OCDE.
S’appuyant sur des données comparatives internationales, le rapport analyse la manière dont les origines sociales, le niveau d’études, le genre ou encore les opportunités d’apprentissage influencent l’acquisition, l’utilisation et la valorisation des compétences clés – à l’écrit, en calcul et en résolution adaptative de problèmes.
Un enjeu majeur, alors que la demande de compétences évolue plus rapidement que les cycles de l’action publique.

À retenir – Perspectives OCDE compétences 2025

  • Les inégalités de compétences restent fortement liées au milieu socioéconomique d’origine.
  • La formation tout au long de la vie est un levier clé, mais son accès demeure très inégal.
  • Les compétences expliquent l’essentiel des écarts de rémunération liés à l’origine sociale.
  • Les inégalités femmes-hommes persistent sur le marché du travail, à compétences comparables.
  • Investir dans des politiques de compétences inclusives est indispensable pour accompagner les transitions.

Pourquoi l’OCDE alerte sur les inégalités de compétences en 2025 ?

Les compétences en traitement de l’information – lecture, calcul et résolution adaptative de problèmes – restent très inégalement réparties au sein des pays de l’OCDE.

Le rapport met en évidence plusieurs constats structurants :

  • les adultes dont les parents sont diplômés de l’enseignement supérieur obtiennent, en moyenne, des résultats supérieurs d’un demi écart-type à ceux dont les parents ne le sont pas ;
  • les personnes ayant grandi dans une zone métropolitaine présentent des niveaux de compétences plus élevés que celles issues de zones rurales, un écart largement expliqué par le milieu socioéconomique ;
  • les différences entre femmes et hommes sont plus limitées mais contrastées :
    • les femmes affichent une meilleure maîtrise des compétences à l’écrit,
    • les hommes obtiennent de meilleurs résultats en calcul et résolution adaptative de problèmes.

À cela s’ajoutent des écarts liés à l’origine migratoire, à l’exposition à la langue et à l’âge : les compétences culminent au début de l’âge adulte avant de décliner, selon des trajectoires variables d’un pays à l’autre.

Formation tout au long de la vie : des parcours encore très différenciés

Face à l’évolution rapide des métiers, la formation tout au long de la vie apparaît comme une condition indispensable de l’adaptation des individus. Pourtant, l’OCDE souligne de fortes inégalités dans les types de formations suivies.

Les pratiques diffèrent notamment :

  • selon le genre :

    • les femmes se forment davantage aux compétences liées à la communication, aux langues, à la relation client ou à l’écrit ;
    • les hommes sont surreprésentés dans les formations portant sur l’utilisation de machines, la sécurité, l’informatique ou la gestion de projet ;
  • selon le niveau d’études et l’origine sociale :

    • les adultes issus de milieux favorisés accèdent plus fréquemment à des formations développant des compétences transférables et recherchées (management, numérique avancé, langues),
    • les adultes issus de milieux plus modestes suivent davantage des formations spécialisées, souvent centrées sur un poste ou des obligations réglementaires.

Ces écarts pèsent directement sur les possibilités de reconversion, de montée en compétences et de mobilité professionnelle.

Compétences et marché du travail : quels impacts sur l’emploi et les revenus ?

Le rapport montre que l’accès au développement des compétences constitue l’un des principaux déterminants des inégalités sur le marché du travail. Ainsi :

  • les adultes dont les parents sont diplômés de l’enseignement supérieur gagnent en moyenne 11 % de plus que ceux dont les parents ne le sont pas ;
  • cet écart tombe à moins de 1 % lorsque l’on compare des personnes ayant des niveaux d’études et de compétences équivalents.

Ces résultats confirment que les compétences acquises, plus que l’origine sociale en tant que telle, expliquent une large part des écarts de rémunération.

En revanche, les inégalités entre femmes et hommes persistent fortement :

  • les femmes perçoivent une rémunération horaire inférieure d’environ 14 % à celle des hommes ;
  • cet écart atteint 17 % à niveaux d’études et de compétences comparables.

L’ampleur de ces écarts varie selon les pays, mais souligne la nécessité d’agir au-delà de la seule formation, sur les conditions d’emploi et la reconnaissance des compétences.

Quelles priorités pour les politiques de compétences selon l’OCDE ?

Face à des besoins en compétences qui évoluent plus vite que les politiques publiques, l’OCDE appelle à :

  • renforcer l’investissement dans la formation tout au long de la vie,
  • mieux s’appuyer sur des données actualisées du marché du travail,
  • anticiper les transitions professionnelles plutôt que de les subir,
  • concevoir des politiques de compétences plus inclusives, afin que personne ne soit laissé pour compte.

Ces orientations font écho aux enjeux portés par les acteurs de la formation professionnelle, notamment en matière de digital learning, de multimodalité et d’égalité d’accès aux parcours.

Consultez le rapport officiel – Perspectives de l’OCDE sur les compétences 2025

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